Sarkozy, the Man Who Shot the French Stereotype

The greatest disaster to happen to stereotypes about French people is the election of Nicolas Sarkozy at the presidency of the Republic on May 2007.

Until now, the French could pretend that they were the most refined people of all, that France was the country of art and good taste, that the French spirit, nourished by both the Cartesianism and the Declaration of the Rights of Man, enlightened the darkness of the world – and, until now, other countries could pretend to believe this pretty fairy tale.

Unfortunately, even the best of friends must part. Sarkozy’s election has disillusioned the planet and shown the dark side of France in full view of everyone. It has become very hard, in England more than anywhere else, to fool people and delude them with the superiority of French genius. How indeed could France still be called the country of elegance while its president is the incarnation of vulgarity, a man who thinks that wearing a €5,000 Rolex on his wrist is the height of refinement? How could France people still be regarded as cultured while their chief speaks like a fair barker, openly despises academics and prides himself on not reading any book? Regarding the idea that France is the land of Human Rights, it will be soon consigned to the wheelie bin of History: Sarkozy’s disgusting policy on immigration makes the life of thousands of destitute people impossible, and his ridiculous, demagogic obsession with security and public order is turning French democracy into a caricature of a constitutional state. France does not look like itself any more.

It is true that national stereotypes sometimes bother you, “No, I don’t eat frogs’ legs for breakfast. No, I bath more than once a month.” However, it is true as well that you can sometimes miss stereotypes, as is the case for me nowadays. At least a cliché can be a claim to fame: in 2003, during the run-up to the Iraq War, I could say to warmongering Yankees, “Yes, I am a cheese-eating surrender monkey, and?” Events were to prove me right and The Simpsons wrong. Since then, naturally, a lot of things have changed: American people have elected Obama, the French Sarkozy, and everybody all over the world can perceive the very difference between talent and mediocrity. Now, when I say I come from France, I can be answered, “Oh, the country whose President is Carla Bruni’s husband?” Hopeless.

Although exaggerated, distorted or excessively generalised, stereotypes are rooted in truth. What kind of truth, that’s the point. I am afraid that the truth of Sarkozy’s France is not the better one. Where has the better one gone, then? Sometimes, I walk feeling melancholy along Croydon’s streets and paraphrasing Corneille I think to myself, “France is no more in France, it is everywhere I am.”

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6 responses to “Sarkozy, the Man Who Shot the French Stereotype

  1. Je crois quand même que la Rolex complète au contraire le tableau du Français typique, dans la même veine que la haute couture, la Nouvelle Cuisine et les vins prestigieux. Pour nous, c’est le comble du mauvais goût et un symbole de sa vénalité, mais dans l’esprit de la majorité des gens en France et à l’étranger, c’est un signe de réussite !
    D’ailleurs, personne n’a été surpris de son élection aux USA (pour le peu d’Américains que ça intéressaient…) car il représente bien le Français typique (on n’en est plus au béret et à la baguette…) : un petit râblé, hâbleur et colérique, aimant les bonnes choses (Fouquet’s et femme mannequin compris…) Un vrai Astérix du 21ème siècle en somme ! Il est même le défenseur farouche de l’intégrité du Village contre l’émigration, non plus romaine mais africaine – quitte à être totalement soumis à l’ “envahisseur” néo-libéral et mondialisateur en sous-main…
    Que pensent les Anglais des Français en général et de Sarkozy en particulier… au niveau des stéréotypes ?
    Voilà un premier commentaire à ce blog (où tu es très actif à ce que je vois 🙂

  2. I am afraid that it is “the Declaration of Human Rights” rather than the “Declaration of the Rights of Man”

  3. On peut grosso modo classer les clichés concernant les Français en deux catégories: il y a celle du Français raffiné (art de vivre, gastronomie, vins fins, côte d’Azur, luxe, mode, culture, etc.) et celle du Français révolutionnaire (qui manifeste sans arrêt, toujours en grève, qui veut imposer ses idées aux autres, égalitariste plutôt que libéral, indiscipliné et arrogant, etc.).
    Ce sont là les deux sortes de clichés qui traînent dans les médias anglais, et qui ont souvent pour fonction rhétorique de catégoriser (distinguer les Anglais des autres nations, ou distinguer par exemple les Français des Allemands). Parfois, on se demande même si ce n’est pas la visée argumentative (la nécessité de faire des distinctions et des catégories) qui crée le stéréotype.

    Comme tu le dis, Sarkozy, dans une certaine mesure, emprunte aux deux ensembles – ou plutôt: il actualise certains des traits de chacune des catégories ; cependant, une autre combinaison, qui rendrait saillants d’autres traits, serait toujours possible tout en étant conforme au stéréotype global. (Chirac et Villepin, chacun dans leur genre, pouvaient ainsi décliner diverses caractéristiques du Français typique.)

    Du point de vue historique, on dirait que trois événements seulement résument la France : 1789, Napoléon (les Anglais l’aiment beaucoup, manifestement, il est cité à tout bout de champs) et Vichy (la défaite de 1940 et la collaboration, et partant le défaitisme, la lâcheté et la servilité des Français sont des grands classiques des tabloïds). Ces trois références véhicules trois images très différentes des Français, mais justement : on utilisera celle dont on a besoin pour sa démonstration présente.

    Dans le Grand Jeu européen (vu d’Angleterre), la France est souvent associée à l’Allemagne : c’est le « bloc continental », fédéraliste et anglophobe, qui ne rêve que d’établir un super-Etat européen technocratique et régulateur. Cependant, on trouve parfois la France associée aux pays du Club Med (Portugal, Espagne, Italie), c’est-à-dire aux pays catholiques du Sud de l’Europe, aux mœurs un peu arriérées, pas très sérieux sur le plan budgétaire et à la spécialisation économique insuffisante.

    Ce qui est notoire, dans les médias anglais, c’est la conjonction très forte Sarkozy/Berlusconi : les deux sont souvent associés, on met en parallèle leur style personnel (luxe ostentatoire, belle pépée, etc.) et leur style politique (démagogique, populiste, sécuritaire, etc.). Cette conjonction a un effet paradoxal : d’une part, elle aboutit à une « berlusconisation » de l’image de la France (et donc à une dégradation, à un déclassement du pays), mais, d’autre part, elle brouille justement l’image de Sarko comme Français typique, comme s’il était un peu trop latin pour être tout à fait français. L’image de Chirac était dans un sens plus singulière (par rapport aux autres Européens), plus prédictible, plus conforme au « modèle français » (gaulliste, républicain, social-libéral, etc.).

    Le libéralisme et l’atlantisme de Sarko sont de même un peu suspects. Bien sûr, à la base, tout le monde (Tories + New Labour) est content de voir la France se rallier officiellement aux canons du free-market et de l’Etat néo-libéral. Mais Sarko a un discours international assez ambigu : la plupart de ses interventions insistent sur la régulation financière, la refonte du capitalisme, etc. Evidemment, pour Sarko, il s’agit de défendre les intérêts français : la régulation permettra (on l’espère) que les profits réalisés par les entreprises françaises soient recyclés dans les banques françaises et non plus dans les banques de la City ou les paradis fiscaux. (C’est d’ailleurs exactement le même problème pour les Allemands, d’où les discours communs Sarko-Merkel sur la crise.) Mais ce type de discours introduit quand même des dissonances (malvenues) dans la doxa libérale, et surtout est porteur de conflits à venir.
    C’est un peu la même chose pour le retour de la France dans l’OTAN : beaucoup y voient surtout un moyen pour Sarko de se faire mousser et de squatter des places pour les militaires français dans l’organisation (au détriment des Anglais, entre autres), davantage que comme une adhésion sur le fond (il reste ainsi de nombreuses divergences avec la ligne américano-britannique, par exemple la place de la Turquie dans l’UE).

    En gros, donc, en dépit de ses proclamations d’amour pro-libérales et pro-occidentales, Sarko est considéré avec méfiance. On le juge peu fiable, peu sérieux : sa menace de quitter la table du G20 s’il n’obtenait pas satisfaction sur les paradis fiscaux l’a fait passer pour un guignol (on savait qu’il ne partirait pas, quoi qu’il arrive) et un malotru (quand on est invité chez quelqu’un, on ne menace pas de s’en aller). On le regarde comme le sale gosse de la classe, à l’ego démesuré. Dans un article du “Daily Mail” (tabloïd) du 29 mai, consacré à la grande affaire de la non-invitation de la reine aux cérémonies du 6 juin, il était traité tour à tour de « deplorable little gnome » et de « preposterous little squirt » (« petit morveux ridicule ») – la Carla, quant à elle, était désignée sous le vocable flatteur de « guitar-strumming strumpet » (« putain gratteuse de guitare »).

    En définitive, comme beaucoup de Français, les Anglais sont un peu perplexes devant cet étrange personnage : ils ne savent pas vraiment s’il incarne le Français nouveau (le Français du XXIe siècle), ou s’il est une sorte d’accident de l’histoire. Du reste, ils s’en fichent complètement, ils font avec : et, de fait, c’est surtout pour nous, les Français, que Sarko est un problème !

  4. C’est vrai que tout d’un coup je me rends compte qu’Astérix fait très “latin” finalement (sauf ses cheveux blonds) !
    Est-ce que les malversations financières actuelles de la classe politique anglaise (maison de canards incluse) ne la range pas désormais dans la même catégorie que les Berluskozys…?
    Je te relance : tu as l’air en forme 😉

  5. Tout à fait. C’a été un coup dur pour les Anglais de se rendre compte que leurs MPs se comportaient comme de vulgaires députés italiens, alors qu’ils pensaient que leur système parlementaire était le meilleur de l’univers. Mais ils ont quand même trouvé une raison de se réjouir et d’être fiers : le scandale permet une “catharsis” du système. D’une certaine manière, le fait même qu’il y ait scandale prouve la supériorité du modèle britannique, dans la mesure où il manifeste la capacité du système à la fois à se remettre en question (via la presse) et à se réformer (via le gouvernement). Les Italiens ou les Français, par exemple, seraient incapables d’un tel examen de conscience…
    Cela dit, sur le fond, je me demande un peu comme toi s’il n’y a pas eu une certaine homogénisation Royaume-Uni/Europe du Sud, qui s’est opérée par une (néo)libéralisation à marche forcée de leurs économies (avec pour conséquence un primat de la finance et donc de la rente au détriment de l’investissement industriel). D’ailleurs, en 2003, les meilleurs alliés de Bush-Blair en Europe étaient Barroso, Aznar et Berlusconi. Imagine un peu si Sarko avait été président à ce moment-là… On présente souvent les pays d’Europe de l’Est comme les alliés “naturels” des Anglais, mais ce n’est qu’une illusion : lâchés par les Américains qui veulent traiter avec les Russes, ils verront bien que les Anglais (ruinés) n’ont rien à leur offrir et retomberont bien vite dans le giron de l’Allemagne…

  6. ‘Now, when I say I come from France, I can be answered, “Oh, the country whose President is Carla Bruni’s husband?”’

    Please don’t peddle fantasy when trying to make a rhetorical point. People don’t speak like that, not even Americans.

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