Le corps obèse de l’Europe

Nous ne trancherons pas ici la question de savoir si l’Angleterre est aujourd’hui l’homme malade de l’Europe, tant il est vrai que, sur ce point, la concurrence est rude et oppose de nombreux prétendants : malades, toutes les nations européennes le sont plus ou moins, chacune selon son génie propre. Il est un domaine en revanche où la Grande-Bretagne impose sa suprématie, c’est dans le taux d’obésité : selon une étude du NHS (National Healthcare Service, le service de santé publique britannique) publiée en janvier 2008, les Anglais sont en effet les plus gros d’Europe – juste devant les Allemands, les Français étant en revanche les derniers du classement.

Si l’on doutait de ce fait, une simple promenade à pied à Croydon (arrondissement du sud-est de Londres) suffirait à s’en convaincre : on est étonné du nombre de personnes dont les dimensions n’ont plus rien à voir avec les standards d’une corpulence normale, à supposer bien sûr que cette référence à la normalité ait encore un sens. Bien sûr, il y a une différence entre le quinquagénaire replet et le garçon de 10 ans déjà obèse, entre la jeune fille grassouillette et la mère de famille franchement énorme, mais il est difficile de ne pas constater (empiriquement) le surpoids endémique de la population.

Mille et un détails de la vie quotidienne manifestent de plus la culture de la surconsommation alimentaire qui imprègne le pays. Ainsi, à la sortie des classes, est-il fascinant de voir tous ces élèves dans leur beau uniforme bleu ou bordeaux faire la queue au KFC et manger des cornets de frites en guise de quatre-heures – là où (je m’en souviens encore) ma mère me donnait un morceau de pain et une barre de chocolat. La file d’attente dans les supermarchés semble avoir été spécialement conçue pour l’ingestion du sucre et du sel : les longs présentoirs chargés de bonbons et de chips sustentent irrésistiblement parents et enfants dans leur pénible marche vers la caisse. Parfois, même, on s’interroge sur la mode du baggy, et on en vient à se demander si son succès ne tient pas au fait qu’il permet à tout un chacun de camoufler subrepticement les formes de son corps sous un vêtement ample encore plus informe.

L’obésité, rappelons-le, résulte d’un déséquilibre entre l’apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques : l’organisme reçoit plus qu’il ne dépense et stocke donc le surplus sous forme de graisse. On la considère comme une maladie à cause de ses effets négatifs sur la santé : elle peut provoquer du diabète, de l’hypertension, elle s’accompagne d’un risque accru de cancers, etc.

Selon le NHS, presque un quart de la population adulte au Royaume-Uni (24 %) est obèse – c’est-à-dire, d’après la définition de l’OMS, avec un indice de masse corporelle (IMC : la masse divisée par la taille au carré) supérieur à 30. Quant à la population en surpoids (IMC entre 25 et 30), elle oscille entre 32 % (pour les femmes) et 43 % (pour les hommes). Ainsi donc, deux tiers des hommes britanniques et plus de la moitié des femmes ont un « problème de poids », pour parler pudiquement, ces proportions variant selon les revenus (pour les femmes) et l’origine ethnique (les Asiatiques étant les moins touchés). Par ailleurs, 16 % des enfants âgés de 2 à 15 ans étaient classés comme obèses en 2006 (11 % en 1995). Tous ces chiffres sont en constate progression et, si la tendance actuelle se maintient, c’est 90 % des adultes qui seront en surpoids ou obèses en 2050.

De nombreux facteurs expliquent ce phénomène qui, depuis trente ans, s’est développé non seulement en Angleterre mais partout en Europe et dans le monde (au point que l’OMS parle désormais d’« épidémie ») : modification des comportements alimentaires (grignotage, perte du rythme des repas, évolution du goût), sédentarisation accrue des modes de vie (privée et professionnelle), manque d’activité physique et sportive, mauvais apport nutritionnel des produits agroalimentaires et autre junk food (trop haute teneur en sel, en graisse ou en sucre ; portions trop importantes), influence néfaste de la publicité sur la construction de l’« idée alimentaire » chez les enfants, etc.

Une question pourtant reste en suspens : pourquoi, des 27 pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni est-il le plus touché par l’obésité ? La réponse tient, selon nous, au fait que, de tous les pays européens, il s’est engagé le plus tôt et le plus loin dans le projet de transformation néolibérale de l’économie et de la société, ce qui a eu pour effet une intensification des différents facteurs d’obésité énumérés précédemment.

Le plus remarquable réside dans la manière dont les principaux acteurs du marché (l’industrie agroalimentaire, la grande distribution et la restauration rapide en particulier), libérés de toute entrave réglementaire, ont pu façonner un consommateur conforme à leurs attentes, ce qui a signifié en l’espèce re-façonner littéralement le corps humain. Tout se passe comme si le néo-sujet britannique, soumis aux sollicitations constantes de la publicité et à un marketing agressif, n’avait eu d’autre choix que de repousser ses propres limites morphologiques pour répondre favorablement aux multiples injonctions à consommer. Autrement dit, dans une situation de concurrence « libre et non faussée », il a dû non seulement arbitrer entre les différents acteurs du marché pour ses dépenses en nourriture, mais aussi augmenter sa propension à consommer de la nourriture : il lui a fallu en somme arbitrer entre le marché et lui-même – à ses dépends, il faut bien le reconnaître, en ingérant plus que son corps n’avait besoin. Finalement, l’industrie agroalimentaire, la grande distribution, la restauration rapide, etc., n’ont pas cherché simplement à accroître leurs profits par la conquête de parts de marché sur leurs concurrents : elles ont aussi cherché, par l’augmentation de la « taille » du consommateur, à accroître la taille même de ce marché.

On ne peut d’ailleurs s’empêcher d’établir une analogie entre le modèle économique néolibéral, fondé sur la surconsommation et le surendettement (c’est-à-dire au-delà des revenus et des capacités de remboursement des agents), et un modèle nutritionnel fondé de facto sur la suralimentation (au-delà donc des capacités d’absorption et de régulation du métabolisme). On pourrait aussi voir dans l’obésité un succédané de l’enrichissement monétaire, une sorte de point zéro de l’accumulation capitalistique : l’obèse stocke ses calories comme le riche stocke son or, selon un processus mimétique inconscient.

La lutte contre l’obésité est devenue au Royaume-Uni une cause nationale, pour des raisons de santé publique mais aussi économiques : le NHS consacre 4,2 milliards de livres par an à la prise en charge des personnes en surpoids ou obèses, et ce chiffre pourrait doubler d’ici 2050. Quant au coût total de l’obésité pour l’ensemble du pays – coûts directs et indirects (journées de travail perdues, gains non perçus, etc.) –, il est estimé à 16 milliards de livres par an, et pourrait atteindre 50 milliards en 2050.

Bien sûr, ce combat contre l’obésité est perdu d’avance. Tenter d’agir sur les comportements individuels via des programmes d’éducation et des campagnes de prévention, ou prendre des mesures hétéroclites sur la publicité à la télévision et l’étiquetage des produits est notoirement insuffisant au regard de l’ampleur du phénomène. Toute politique globale un tant soit peu ambitieuse, destinée à réduire la consommation alimentaire de manière significative, passerait immanquablement par un bras de fer avec les principaux lobbies de l’agroalimentaire, de la grande distribution et de la restauration rapide – un bras de fer donc avec le « marché » –, ce qui est contraire aux préceptes de l’idéologie néolibérale, l’idée d’une réduction de la consommation étant d’ailleurs à soi seule une hérésie. En somme, pour gagner le combat contre l’obésité, il faudrait changer de modèle de société – c’est-à-dire réaffirmer le primat de l’Etat sur le marché dans la défense de l’intérêt collectif et agir en conséquence (cf. l’article de Vincent Bargoin sur theheart.org : « Quand la lutte contre l’obésité emprunte les chemins de la critique antilibérale ») –, ce qui n’est malheureusement au programme ni des Tories ni du Labour.

L’effondrement économique du pays favorise de plus les acteurs les plus douteux de l’industrie alimentaire, l’appauvrissement des ménages entraînant mécaniquement une hausse de la demande pour les produits bon marché. En février, la chaîne KFC a ainsi annoncé qu’elle allait ouvrir 300 restaurants d’ici cinq ans et créé 9 000 emplois dans le pays. Selon son président exécutif, Martin Shuker, l’enseigne non seulement gagne des parts de marché sur son grand rival McDonald’s, mais c’est tout le secteur de la restauration rapide qui est en progression. Il nous invite d’ailleurs à méditer cette profonde vérité : « Avec un billet de 10 livres, vous pouvez acheter chez nous un Buckets [un seau rempli de morceaux de poulets à se partager] pour nourrir une famille de quatre. » Quant à Iceland, la chaîne de magasins de produits surgelés à très bas prix, elle a annoncé en juin une hausse record de ses ventes pour l’année (+ 16 %). Dans ces conditions, il est peu probable qu’un gouvernement quelconque, conservateur ou travailliste, prenne le risque d’affronter un des rares secteurs qui créent des emplois et engrangent des profits.

Dans une société où le surpoids devient la norme, les représentations idéologiques de l’obésité sont destinées à évoluer. On peut d’abord raisonnablement anticiper le développement d’une « culture de l’obésité », des fat studies, voire peut-être des politiques de discrimination positive ; en tout état de cause, la lutte contre les préjugés dont sont victimes les obèses va devenir aussi importante que la lutte contre l’obésité proprement dite, avec pour objectif la reconnaissance de l’obèse comme sujet autonome (et non plus comme un être imparfait voué à devenir, ou à redevenir, mince). Cette posture militante et identitaire de légitimation, communautariste en quelque sorte, se diffusera rapidement au sein de la société (d’autant plus rapidement qu’elle concernera un nombre toujours plus important de personnes) et devrait définir un politiquement correct sur le sujet. Elle coexistera avec la vision conservatrice de l’obésité, dominante aujourd’hui, centrée quant à elle sur la responsabilité individuelle.

Dans un premier temps, certes, selon l’idéologie du « mérite » consubstantielle au néolibéralisme, l’affaire paraît entendue : le gros est gros par sa faute – parce qu’il est gourmand (il mange trop, il s’empiffre, il ne résiste pas à ses pulsions), paresseux (il ne bouge pas assez, il ne fait pas de sport, il se laisse aller) et ignare (il ne sait pas se nourrir). A l’inverse, cependant, l’image du gros qui fait un régime, qui cherche à s’en sortir, qui lutte contre lui-même pour échapper à son triste état, véhicule des valeurs positives, compatibles avec la représentation néolibérale de l’individu : ce gros-là devient en somme un entrepreneur de son propre corps, un peu comme le bodybuilder. Le personnage de l’obèse qui consacre sa vie à maigrir est ainsi l’une des figures héroïques des talk-shows et tabloïds, d’autant qu’il est soutenu dans son dur combat par tout un aréopage d’experts détenteurs de la parole savante : médecins, chirurgiens, diététiciens, nutritionnistes, psychologues, coachs sportifs, conseillers de vie, une armée de professionnels compétents s’est levée pour vaincre le mal du siècle. Cela nous rappelle incidemment que, si le traitement de l’obésité a un coût, c’est aussi un marché – un marché plein d’avenir même –, générateurs d’emplois et de profits, et qui comme tel a sa légitimité.

La médicalisation à outrance du discours sur l’obésité participe également de cette occultation des facteurs économiques et sociaux de sa propagation : dérèglements hormonaux, rôle de l’hérédité, « gêne(s) de l’obésité » – on en viendrait presque à croire que l’espèce humaine a connu ces dernières décennies une mutation métabolique. Cette confusion latente entre causes et mécanismes entretient l’idée que la solution au problème de l’obésité est peut-être avant tout médicale (et non pas sociale, économique, politique), et permet de renforcer chez ceux qui en sont victimes la croyance en un déterminisme biologique implacable (« On est gros parce que c’est dans nos gênes »).

L’obésité, en dépit de son développement continu, notamment chez les enfants, n’est donc pas un enjeu politique. Elle l’est d’autant moins que les inégalités dans sa propagation ne sont pas clairement perçues et analysées. L’étude du NHS publiée en 2008 établit une corrélation entre l’obésité et le revenu des ménages uniquement pour les femmes, et encore, elle n’est pas spectaculaire : les femmes du premier quintile (les plus riches) sont en surpoids ou obèses à 50 %, celles du dernier (les plus pauvres) à 64 %. Rien de tel en revanche pour les hommes. Cependant, cette étude est basée sur une division des ménages en cinq tranches qui ne rend pas vraiment compte du régime de distribution des revenus dans le Royaume-Uni néo-libéral, caractérisé par une très forte concentration des richesses tout en haut de l’échelle et une immense classe moyenne. On aurait aimé ainsi avoir des statistiques pour les 2 % des contribuables gagnant plus de 150 000 £ par an, ou même simplement pour les 5 % les plus riches de la population.

Quoi qu’il en soit, la lutte pour rester mince pourrait devenir bientôt un luxe : se doter d’une culture nutritionnelle adéquate, avoir les moyens de consommer des produits de qualité, pouvoir consacrer du temps aux activités sportives, éduquer et surveiller convenablement ses enfants pour l’alimentation, etc., nécessitera des ressources intellectuelles, financières, sociales de plus en plus rares au fur et à mesure que le pays s’enfoncera dans la récession avec tous ses effets induits. Si la prophétie terrible du NHS se réalise (90 % de la population obèse ou en surpoids en 2050), il sera intéressant de voir à ce moment-là quels sont les 10 % d’élus qui auront pu préserver leur ligne – la minceur restant bien entendu à la fois un idéal de santé et un idéal esthétique. Si, comme on le pressent, il s’agit de la fraction la plus riche du pays, le système aura finalement réussi à inscrire dans les corps – dans l’ordre de la nature, en somme – la différence de classes. L’obésité aura alors été l’ultime victoire du néolibéralisme.

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6 responses to “Le corps obèse de l’Europe

  1. Excellent article ! Je le recommande à tous : puissent les ondes m’entendre…
    Commentaires à venir…

  2. Un premier commentaire : En Asie, les “gros” sont très recherchés par les femmes car c’est un signe de richesse ! C’est simple : celui qui se nourrit bien a les moyens de le faire ! Ils sont ainsi favorisés sur le marché des mariages. C’est étonnant qu’en Occident, le blâme s’attache désormais à la “rondeur des formes” ! Finalement, il y a peu de temps encore, la beauté idéale était plutôt gironde… On pourrait convoquer les peintres bien sûr, mais je pense aussi à certaines chansons de Brassens où les “sacs d’os” n’ont pas la cote ! Et si les riches, comme tu le dis bien, restent minces, je pense que la valorisation de l’obésité n’est pas encore pour demain. Le “Big is beautiful” aux USA n’est qu’une forme désespérée de réaction à ce qui reste un canon général : il n’est pas bon/beau d’être gros. Si les promoteurs et bénéficiaires du néolibéralisme ne grossissent pas, l’obésité ne peut pas s’identifier avec le système. Elle est plutôt un « side-effect » indésirable.
    Ne faudrait-il pas plutôt voir dans la condamnation de l’obésité la croyance en un châtiment ostensible et dans la théorie ( ?) du « gène de l’obésité » un avatar de ces marqueurs infamants, tels la couleur de la peau, la forme du visage ou du crâne, qui ont servi d’alibi à la hiérarchisation « naturelle », et donc à la ségrégation sociale ? L’obèse incarnerait ainsi le mauvais élève du néo-libéralisme alimentaire
    Je ne crois absolument pas au pouvoir d’incitation de la publicité ! Nous vivons tous, et les consommateurs de base plus encore, dans une ère de post-publicité. D’ailleurs, manger n’a besoin d’aucune injonction, on y penserait sans qu’on nous le rappelle (mon ventre s’en charge plusieurs fois par jour)… C’est dans l’offre et dans les habitudes alimentaires que tout réside.
    Quand on y pense, qu’est-ce que une alimentation (de) pauvre ? Pas de choix, pas de viande, on allonge les quantités avec de l’eau, symbole : la soupe. La « junk food », c’est strictement l’inverse ! De la viande à foison (chez KFC, le « bucket » familial de poulet ou de rat – le « nugget » ne montre pas la différence !), des portions gargantuesques, des sauces, des sodas hyper-sucrés, etc. En outre, typiquement on mange chez soi quand on n’a pas les moyens, or tous ces gens peuvent « s’offrir le restaurant » plusieurs fois par semaine, parfois quotidiennement. La Junk Food est donc une alimentation d’abondance et c’est pourquoi les McDonalds ont souvent incarné cette même abondance dans les pays qui basculaient dans le capitalisme (je le souviens de la file d’attente monumentale devant le premier « McDo » à Moscou).
    Il me semble qu’il y a deux couches historiques superposées dans ce que tu décris : une forme grossière de capitalisme alimentaire – qui me fait dire que la graisse est la forme primaire d’accumulation capitaliste, par exemple – qui touche aujourd’hui les masses et qui consiste à manger de la nourriture de « riches » dans des quantités et à un coût de « pauvres ». Et une forme secondaire, ou néo-libérale pour te suivre dans ta terminologie, consciente et éduquée, qui mise sur la qualité (contrôle de l’origine des denrées), la diversité (nourriture exotique, « cuisines du monde »), l’écologie (produits « Bio ») et le diététisme (dont le but justement est d’éviter les problèmes de santé liés à l’alimentation). Pour les néo-libéraux, la nourriture participe de cette « entreprise de soi » et leur but est d’être beaux, sains et distingués. C’est aussi de manger de manière responsable et, j’oserai le dire, de faire preuve de commisération (vis-à-vis des pays pauvres via le commerce équitable et des animaux dans le végétarisme ou même le végétalisme). De ce point de vue, le végétarien constitue sans doute la forme ultime, aristocratique et sectaire de la forme néo-libérale d’alimentation. J’en ai eu mille exemples en Californie.
    Si l’obésité était un effet du système actuel, on verrait donc les consommateurs de fast-food se métamorphoser doucement en végétariens ! Au contraire, tout semble s’y opposer… Cela suppose une ascension sociale, culturelle et même « morale » – quasiment une ascèse ! Acheter des légumes bio pour deux fois plus cher qu’un coleslaw KFC, ça n’est pas près d’arriver grande échelle en Angleterre (ni ailleurs) ! Bref, dans le contexte actuel de crise structurelle et de paupérisation, peu de chance de voir les aficionados du « Fish & Chips » devenir végétariens à brève échéance…
    C’est pourquoi la multiplication des fast-food est l’indicateur de la faillite du système (comme leur propagation en ces temps de crise semblent l’indiquer) et la prolifération des « gros » (personnes en surpoids et obèses combinés) un signe parmi d’autres de son échec !
    Je ne sais pas comment ça va se terminer, mais entre la crise financière, le coût de l’obésité grevant les deniers publics, la planète condamnée par l’agriculture intensive (savais-tu que les pets de vaches détruisent la couche d’ozone !!!), c’est mal barré !
    Je terminerai donc par une petite anticipation catastrophique comme je les aime :

    Variation sur La Machine à explorer le temps d’H.G. Wells
    Les Eloïs, grâce à leur régime alimentaire équilibré, ne sont pas du tout dégénérés et continue de gouverner alors que les Morlocks, après des millénaires d’obésité, sont devenus aussi intelligents que des vaches auxquelles leur morphologie les apparente désormais. Après plusieurs mini-apocalypses, dues à l’effet conjugué de l’épuisement des ressources naturelles et de l’explosion démographique, la seule source alimentaire qui est…la chair humaine ! Les Eloïs élèvent donc leurs Morlocks et les engraissent pour s’en nourrir.
    J’ai toujours pensé qu’il était illogique que les Morlocks dévorent des avortons comme les Eloïs, petits et faibles, et qui n’ont donc que la peau sur les os ! Dans une optique de rentabilité, imaginer le contraire est bien plus « performant ».

  3. Il y a un article intéressant dans le Time Magazine de cette semaine ou la semaine dernière a propos de ce problème aux États-Unis.

    Ils remarquent que malgré les multiplications des salles de gym partout dans le pays (et l’énorme marche qui s’en suit …), l’obésité continue a augmenter. Le point de développe par l’article et allant plutôt a contre pied des recommandations actuelles, est de dire que la gym actuellement pratiquée implique généralement un plus grand apport de calories que chez une personne normal (un simple donut réduisant a néant un footing). Cet etat de fait etant du au fait qu’apres eux, la capacite d’abnegation est comme un muscle: tu t’en serre beaucoup pendant la pratique sportive, et donc ensuite comme il est fatigue, tu succombes plus facilement aux petits délices sucres. Il faut avouer en meme temps, que quand l’on voit dans les universites des salles de sport avec le fast food au rez de chaussee …

    De plus, ils citent des études montrant que les personnes ayant une pratique sportive intense ne sont pas forcement en meilleur sante que des personnes pratiquant simplement la marche a pied quotidiennement.

  4. “là où (je m’en souviens encore) ma mère me donnait un morceau de pain et une barre de chocolat. ”

    moi elle ne me donnait rien! on mangeait à midi et à 19h point.

  5. “L’obésité, rappelons-le, résulte d’un déséquilibre entre l’apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques”

    Vraiment? N’est-ce pas plutot un probleme qualitatif que quantitatif? Rappelons que la nourriture non-bio contient beaucoup plus que dechets toxiques (causees par certaines huiles, cuisson, sodium et sucre, phtalates, metaux lourds etc) et moins de mineraux.

    Devenir obsese juste parce qu’on mange trop, on ne serait pas devenu obese aussi vite!

  6. D’abord, merci pour cet article.. sinon tout cela me fait penser à deux choses:
    J’ai lu une étude il y a quelques années et je ne saurais en retrouver la source, qui montrait que le sucre était plus addictif que la cocaïne… il est par ailleurs courant de dire que la propension à l’addiction peut avoir une origine génétique… il serait alors tout autant erroné (en plus de dangereux) de dire que l’obésité est une fatalité comme le sont la plupart des maladies, que d’accuser les obèses d’être individuellement responsables de leur sort… la responsabilité serait bien sociale, le modèle néolibéral incitant à l’addiction et empêchant le politique d’intervenir pour limiter l’offre ou la publicité ou tout autre mode d’incitation… Sous cet angle-là c’est assez amusant de penser pouvoir résoudre le problème de l’obésité par l’information ou l’éducation…. personne n’estimerait que c’est le moyen le plus efficace pour sevrer des toxicomanes à qui on laisserait dans le même temps de la drogue à disposition et pour pas cher …
    Un autre élément m’a toujours étonné : il paraît plausible dans nos sociétés de se figurer un pauvre qui possèderait par exemple un écran plat, mais se nourrirait de frites comme plat unique pour dîner… il y a 50 ans la part consacrée à l’alimentaire était infiniment plus élevée qu’actuellement, et j’ai toujours du mal à entendre que beaucoup n’ont pas les moyens d’accéder à des produits de qualité…en fait j’ai plutôt l’impression qu’il est socialement plus important d’acquérir un écran plat que de nourrir sa progéniture autrement qu’avec de la junkfood… et ce n’est que dans la mesure où le pauvre s’achète un écran plat que je comprends parfaitement qu’il ne lui reste pas grand chose pour le reste… non?

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