Category Archives: Politics

Les Anglais découvrent les charmes du lepénisme

Nick Griffin, le leader du British National Party (BNP), le parti d’extrême droite anglais, a parfaitement réussi son baptême du feu à la BBC, lors de sa première participation – le 21 octobre dernier – à l’émission politique Question Time, dans laquelle des hommes politiques de tout bord sont soumis aux questions du public. Sous les quolibets de la salle et en dépit des protestations de vertu outragée des autres invités, il a pu tenir droit dans ses bottes son discours raciste et xénophobe habituel, et se répandre sur les méfaits de l’immigration. Continue reading

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Mr All-Within-The-Rules and Mrs Worse-Than-Expected

Mr All-Within-The-Rules and Mrs Worse-Than-Expected are the two main characters of the national tragicomedy called Failure of a Country that has run in the UK for one year. This comedy duo explains to the public why all is going well while everything is going wrong. Continue reading

La société selon Cameron

« Society is back » : tel pourrait être le slogan de campagne de David Cameron pour les prochaines élections générales. C’est en tout cas ce que l’on peut conclure de l’article d’Antoine Colombani consacré à la pensée politique du leader Tory, « Le nouveau conservatisme britannique », paru le 10 juillet sur le site La vie des idées. Il apparaît que le discours idéologique de David Cameron obéit à une triple contrainte : il doit non seulement s’inscrire dans la continuité de la tradition conservatrice mais, tout en se distinguant du discours travailliste, il doit aussi se démarquer des aspects les plus controversés de la doctrine thatchérienne. La réhabilitation de la « société » occupe alors une place essentielle dans ce dispositif rhétorique, à la fois comme objet privilégié d’une authentique politique conservatrice et comme solution à la double impasse de l’« autoritarisme d’Etat » façon Brown et des excès du « tout-marché » façon Thatcher. Continue reading

Scandale aux Communes : cabale, catharsis ou cataclysme ?

Au milieu de la faillite générale du Royaume-Uni, le scandale des notes de frais agit comme une bombe à déflagration lente : on ne sait trop quels seront ses effets à long terme sur la vie politique et institutionnelle du pays, mais on sait qu’ils seront importants. Plusieurs grilles de lecture se superposent et se concurrencent pour lui donner un sens – cabale de conservateurs anti-européens, dérive populiste des médias, catharsis démocratique, implosion du leadership néolibéral –, chacune mettant en avant un aspect particulier de l’affaire. Examinons-les dans l’ordre. Continue reading

Le Tory qui murmurait à l’oreille des canards

Quand sera retombée toute la poussière du prodigieux scandale des notes de frais qui touche la chambre des Communes depuis maintenant deux mois, ce sont bien sûr les dépenses les plus extravagantes qui resteront dans les mémoires, au premier rang desquelles celles du député conservateur Peter Viggers, qui aura quand même poussé l’amour des bêtes jusqu’à vouloir faire payer par le contribuable une maison flottante pour les canards dans sa propriété de l’Hampshire. C’est d’ailleurs avec ces volatiles désormais fameux que le Daily Telegraph a ouvert son hors-série du samedi 20 juin consacré au scandale, The Complete Expenses Files : en bas à droite de la couverture, sur un fond noir uniforme, une tête de canard se détache malicieusement. Continue reading

Le scandale des notes de frais pour les nuls

Le samedi 20 juin, le Daily Telegraph a consacré un hors-série au scandale des notes de frais qui secoue la chambre de Communes depuis bientôt deux mois et ébranle tout le pays : The Complete Expenses Files.

Ce supplément de 64 pages est passionnant à plus d’un titre. C’est une sorte de Who’s who de l’affaire (en l’occurrence donc un Who claims what) qui, à travers une vingtaine de rubriques – « Les 50 notes de frais les plus célèbres », « Les 50 notes de frais les plus ridicules », « 25 éléphants du Labour », etc. –, récapitule pour chacun des 646 députés les dépenses ayant donné lieu à un remboursement public. Un commentaire explicatif détaille en quoi ce remboursement enfreint la morale publique et l’esprit de la loi (si ce n’est sa lettre) – quand c’est effectivement le cas, bien sûr, puisqu’il est apparu malgré tout qu’une (petite) partie des députés n’avait rien à se reprocher : les « saints », comme les appelle à bon droit le journal. Deux index (députés et circonscriptions) permettent d’ailleurs au lecteur de retrouver facilement son MP et de voir donc si celui-ci traîne ou non une casserole. Mais, surtout, ce supplément nous offre une typologie des abus commis par les parlementaires et nous résume ainsi les mécanismes du scandale d’une façon très pédagogique.

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